octobre 5

Tirésias

Oh toi, sinistre Sort, inconstante Destinée
N’avez-vous donc pour but que de me tourmenter ?
Pourquoi me faire goûter l’ardeur d’un renouveau
Si l’astre qui m’anime disparaît aussitôt?

Et toi, triste imbécile, pantin, vieille breloque!
Tu juges et vilipende. Mais de qui tu te moques?
Tes yeux voient mais ton cœur, ce mécanisme usé,
A-t-il vraiment conscience de la réalité ?

Il appelle l’Espoir, fragile, se languissant
Et lorsque l’Ange paraît, laisse passer l’Instant.
Dans son aveuglement, il blesse sans savoir,
Sectionnant un à un les fils de son histoire.

Ton esprit analyse, segmente tes émotions,
Et tes peurs inconscientes annulent toute action.
Tu n’es qu’une marionnette ballottée par les flots
Agrippée aux débris d’un antique radeau.

Happé par les élans de ton âme romantique
Tu vis hors de ce temps, dans ton monde onirique.
Les êtres d’exception qui effleurent cette bulle
S’en trouvent déroutés, affaiblis, ridicules.

Reviens donc aux vivants, voyageur égarés!
Laisse pour un moment les songes désincarnés.
Tu verras que la Terre en renferme quelques-uns
Qui te reconnaîtront, t’ouvriront le chemin.

Ici-bas viennent aussi s’aventurer les anges.
Leur radieuse aura éclaire ces lieux étrange.
L’un d’eux sera pour toi compagnon de voyage
Vos liens sont éternels, ils transcendent les Ages.



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Ecrit 5 octobre 2018 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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