août 28

Ricinus

Le bras négligemment appuyé à une table
Et le menton posé dans le creux de la main,
Les esprits embrumés par un infecte vin,
Mon regard aigre englobe un monde misérable.

Les gémissement des hommes m’insupportent, m’agressent;
Êtres empoisonnés par leur crâne suffisance.
Ils ne sont que baudruches s’enivrant de jouissance,
Brûlant pour leur plaisir la terre dont ils s’engraissent.

Leurs incessants caprices, leur brutale violence
Et leur bruit permanent me choquent et m’indisposent;
Mon être alors s’abîme dans des pensées moroses
Ressassant ses humeurs et sa déliquescence.

Sur le pâle vélin désespérément vide
Passent mes yeux fiévreux; et la plume brisée
De mille tentatives n’ayant jamais germé
S’étiole un peu plus sous mon jugement acide.

Mon cœur ne s’émeut plus, noircissant, se nécrose
A mesure que s’égrainent les journées apathiques.
Les cycles se ressemblent et me rendent cynique;
En l’absence de passion, l’esprit n’est plus que chose.

Où se sont envolées les reines lumineuses,
Les merveilleuses étoiles aux rires émerveillés
Dont le moindre frisson venait me faire vibrer
Et chassait loin de moi les nuées ténébreuses ?



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Ecrit 28 août 2019 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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