juin 3

Cycles

M’éloignant de mon havre pour un retour aux sources,
Fort de nouveaux liens, en renouant d’anciens,
Subtile et lancinante, une sensation me vint,
Comme une déchirure dans la trame de ma course.

Quelque espoir oublié à mon oreille murmure ;
Je pars, laissant sur place nombre d’êtres lumineux,
Retrouvant en mes pas quelques esprits heureux
Mais ravivant aussi une antique blessure.

Une insidieuse folie lentement se fait jour,
Renouvelant un feu que mille lieues ont éteint ;
Une brumeuse silhouette que trop mon cœur étreint,
Étrange incarnation d’un indicible amour.

Las, tu le sais pourtant que rien en moi n’évoque
Ni le bel Adonis, ni un héros d’antan !
Je ne suis que poète, âme de l’ombre ; pas amant !
Confident, protecteur, témoin d’une autre époque.

La si tendre Ophélia ou la diaphane Iris
N’auront toujours pour moi qu’une douce affection ;
L’une ne rêve que des rois, l’autre n’est que passions !
Elles n’auraient que faire du tendre romantisme.

Dans la mante de brouillard où flottent mes sentiments,
J’étouffe chaque instant les histoires insensées
Que se conte mon être se croyant délaissé
Par peur de blesser, d’abîmer l’existant.

Revenant en ces terres où dorment quelques douleurs,
Je ne sais si je suis apte à les affronter ;
Si les forces me manquent, mon âme peut vaciller…
Sera-ce l’effondrement ou enfin le bonheur ?


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Ecrit 3 juin 2024 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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