mars 9

Tragicomédia

Trop longtemps j’ai été le serviteur d’un fou!
Un aveugle s’enflammant pour l’ombre d’un regard,
Un sourire charmeur, une tendresse illusoire,
Se faisant piétiner, se traînant à genoux.

Pour un simple soupir, il dressait un autel,
Composait un sonnet, une ode, une élégie,
N’obtenant pour aumône pas même un simple « oui »,
De la simple passante ou de la demoiselle.

Il prenait pour sa peine, sans férir, mille blessures.
Coups de griffes, de poignard, poisons, jusqu’à la lie,
Rien ne le détournait de sa tendre égérie.
Il revenait sans cesse, l’oeil brillant, sans armure.

Mais le temps, les douleurs, l’ont à présent usé.
Sa flamme s’est étouffée sans plus de combustible;
Il est trop abîmé par des maux indicibles.
Une seule palpitation pourrait le voir brisé.

Dans son écrin de chair, il donne son chant du cygne,
Pleurant tous ses débris bien trop éparpillés.
Le pleutre agonise d’avoir trop brûlé
Et d’implorer l’Amour sans en savoir les signes.

Finie sa dictature, place à la liberté!
Sous son affreuse contrainte, j’ai trop longtemps honni
La solitude simple de ma seule compagnie.
De son joug infernal, me voici délivré!

Mais quel mal soudain de sa main vient m’étreindre?
Pourquoi mes larmes coulent quand le gredin se serre?
Est-ce Mélancolie qui de son voile m’enserre?
Ne suis-je donc que chagrin quand mon coeur va s’éteindre?



Copyright © 2014. All rights reserved.

Ecrit 9 mars 2017 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

1 COMMENTS :

  1. By Carmilla on

    Ô mon poète qui se débat comme un oiseau pris dans un filet….
    Pourtant, ne craignez pas les blessures de votre coeur… Le sang qui s’en écoule est votre encre la plus fidèle. Le stylet qui l’à percé votre plus belle plume.
    Comme une autre divine Muse, amie, si belle et si fragile je vous le dis malgré le risque encouru, » il faut offrir un coeur vulnérable. Sans coeur vulnérable, on n’est rien.
    La liberté tranquille invoquée, l’existence sans blessure sont des déserts sans amour et sans âme , pires que la mort.
    D’autres que vous , poète, l’ont éprouvé qui viennent vous chuchoter à l’oreille : » J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé… »
    C’est ce qui vous fait reprendre la plume aujourd’hui.
    Il reste dans l’Azur ou les nuits des Muses au coeur fidèle, où poser vos chagrins.
    Carmilla

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *