Insomnies
Quand la nuit dans ses bras refuse de m’emporter
Que l’épuisement me gagne mais ne me fait sombrer
Les minutes se font heures, les heures éternité
Tournant et retournant au creux des draps froissés
J’évoque en mon esprit de délicieux rivages
Fais de brume, de ciel bleu, de somptueux nuages
Afin d’exorciser les trop sinistres songes
Qui tempêtent en mon crâne et peu à peu me rongent
Mais qu’importe, rien y fait, et malgré tous les charmes
Les ombres s’allongent et rampent, chaque bruit devient vacarme
Sous mes sens éreintés couve un ouragan
Prélude à la folie, sinistre et menaçant
Mon ennemi intérieur, entravé, enchaîné
Hante ces horribles heures de ses cris redoublés
Je le sens s’agiter, chercher à m’assaillir
Pour lui un seul but, dominer par son ire
Alors je cherche encore mes rives enchantées
Pour le contenir, le garder prisonnier
Je lutte avec force, courage et désespoir
Pour ne pas lui céder, lui laisser la victoire
Quand le sommeil enfin m’emporte dans ses voiles
Un réveil assassin le chasse d’un son brutal
M’expulsant de mes rêves vers la réalité
Et le triste miroir d’une nouvelle journée.