novembre 18

Tantale

En d’infinis méandres que tisse le voile du Temps,
Entre deux battements de mon cœur fatigué,
J’entrevois les images de mille vies passées,
De dix milles à venir; j’en perçois chaque instant.

Je cherche sans répits,plongé dans ces mémoires,
Une tendre étincelle que mon âme a croisé:
Une présence chérie lors de maintes années
Que je crois distinguer en de nombreux regards.

J’ai erré dans les brumes, battu tant de chemins,
Voyageur éternel, exilé sans pays,
Croisé combien d’espoirs finis broyés, meurtris
Pour l’amour d’une étoile, perdant tous sens commun.

Il me faut retrouver cette lointaine chimère,
Ressentir à nouveau ce délicieux frisson.
Sans elle je m’étiole, trop triste vagabond
Privé de sa si douce et profonde lumière.

« Obscur mécréant, plumitif imposteur,
Ta quête est sans objet, ton but inatteignable! »
Me cri parfois le vent, me trouvant misérable.
« Tu n’auras à ces yeux pas une once de valeur. »

Et pourtant je m’acharne, sans d’un pas dévier.
Dans ce lieu suspendu où dorment les secrets
Je creuse les souvenirs, compulse les portraits,
Je puise dans mon esprit sans vouloir vaciller.

Et lorsque l’épuisement me jette hors de ces murs,
Lorsque mon énergie est presque consumée,
Dans mes songes apparaît cet ange tant désiré
Me berçant de son chant si céleste et si pur.

Au jour nouveau, pourtant, d’elle rien ne demeure.
Son être disparaît et je plonge dans l’oubli.
Seule reste l’impression d’être toujours uni
A quelque étrange mystère; son absence est douleur.



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Ecrit 18 novembre 2018 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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