mars 5

Belle à sa fenêtre

Lorsqu’un blême soir d’hiver, dans ce bus désolé
Où m’avait déposé l’ombre d’une vie d’errance,
Je surpris le reflet d’une détresse intense
Sur les traits d’une belle à la candeur fanée

Il me vint en mémoire un souvenir fugace:
Un visage aperçu pendant un bref instant,
La grâce d’une épaule au contour attrayant
Et l’eau bleu d’un regard qu’un léger voile efface.

Répondant en écho à cette apparition
Comme sur une onde claire s’étendent les ridules,
Mon cœur fit un écart, tintant comme pendule,
Soumis à une ancienne et vibrante émotion.

Mon esprit fit renaître l’atome d’un parfum,
Une fragrance enivrante aux arômes uniques;
Agrumes, citron doux… Mélange magnifique!
Sa seule propriétaire au malheureux destin…

Le claquement d’un ressort sonna dans ma poitrine
Alors que jaillissait l’histoire de cette beauté.
Oh, toi, si tendre spectre de ces temps reculés,
Qu’est-il donc advenu de ta personne divine ?

Nous étions jeunes alors, si jeunes et insouciants…
Prêts à tout nous promettre, ne jamais oublier.
Le Temps nous a trahis, l’existence est passée
Emportant avec elle nos amours d’enfants.

Toi qui doit être une autre, qu’es-tu donc devenue?
Toi qui était mon autre, ma charmante ingénue…
Par delà cet abîme que les siècles ont dressé,
Je songe à toi, ma chère, ma troublante Alithée.



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Ecrit 5 mars 2019 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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