avril 4

Cellule

Une nouvelle fois la toile se fond en illusion,
La trame se délite à peine ébauchée,
Les lyres se sont tues, le ciel s’est refermé,
Seul reste le silence sur ce vide horizon.

Le cœur ne vibre plus de sa douce harmonie
Immobile, terne et froid ; lui qui voulait y croire
Après chaque envolée se doit-il de choir?
D’étoile il se fait pierre; trop de chocs l’ont durci.

Voici l’enfermement, prison qu’il connaît bien;
Il tourne sur lui-même, radote, enrage, s’isole,
Répète des schémas qui le rongent, l’étiolent
Laissent les plaies à vif, suppurant leur venin.

Reviennent les noires ténèbres et le funèbre hiver
Quand au-dehors la terre exhale le printemps.
Son esprit confiné s’altère lentement
A mesure que renaissent les ombres mortifères.

Un unique cri s’échappe puis il devient aphone.
Amorphe, il végète, conduit par des routines;
Sa raison l’abandonne, son néant le domine,
Il se mue en pantin, plus ne rit ni s’étonne.

Sans rêves ni désirs, son être s’est figé;
Prisonnier endormi, esclave du quotidien.
Perdues les joies d’enfant, noyées par les chagrins;
Il devient coquille vide à l’âme anesthésiée.



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Ecrit 4 avril 2020 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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