février 21

Kaléidoscope

Dans l’Ombre de mon être dansent des étincelles:
Fragments de mémoire, de ce qui aurait pu,
Visions alternatives d’histoires non vécues,
Ressassées par l’esprit, en chœur s’entremêlant.

Futiles espérances de plus joyeux chemins
Se tissant sur l’écran de mon âme fatiguée;
Montages fabulatoires de ce qu’auraient été
Des occasions saisies, un mental plus commun.

Sans cette divergence, éclairage aveuglant,
Où tant de sensations se trouvent décuplées,
Peut-être capterais-je les indices semés
Qui toujours m’échappent, noyés dans l’ouragan.

Trop nourri chaque instant d’intenses informations,
Dépourvu de ces filtres permettant la clarté,
Mon esprit s’évertue à vouloir décoder
Un monde qui lui échappe sous des voiles d’illusion.

Les Songes s’y emmêlent, tressant leurs propres fils,
Empiétant sur les pages de ce récit de vie,
Laissant d’amer traces lorsque s’efface la nuit
Et que le jour m’arrache à ces rives subtiles.

Confondues l’une dans l’autre, en strates indiscernables,
Ces trames infinies altèrent mon existence.
Vraies ou fausses, elles vibrent, nourries de ma substance,
S’empilent, s’entrechoquent en chaos véritable.

Échos de mon esprit, spectres ou réalités,
Tout m’atteint, me bouscule, revient tel le ressac;
Sans jamais de répits, je surnage en ces flaques,
Luttant pour affermir ma vacillante psyché.

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février 15

Abîme

Coincé entre les pages d’un recueil fait de vide,
Entre les phrases creuses et les concepts abscons,
Ballottant entre rêve, ennui et frustrations,
Entre isolement vitale et absences livides,

Mon esprit se délite dans un torrent de boue,
D’une gangue brisée à une forme inconnue.
Sur des rives pleines de cendres, de dépouilles et de mues,
Des mondes s’annihilent sous le poids du dégoût.

Rivé à mon naufrage, aveugle aux mains tendues,
Je glisse lentement entre ire et apathie;
Ayant perdu les fils me liant à la vie,
Égaré dans une bulle de routines absolues.

Je ne sais où aller, échouant à m’adapter,
Hôte d’un neuropsychisme incompatible au temps,
Cherchant à me lier, jamais vraiment confiant,
Épuisé sous l’armure que je me suis monté.

Enfermé en moi-même, lointain, je me dissous,
N’ayant plus de courage pour cette réalité.
Trop de violences brutales, trop d’agressivité.
Je me fonds, je m’éloigne, trop vite poussé à bouts.

Écueils d’une existence, bris de faible psyché,
Je m’isole et m’oublie pour ne plus rien sentir;
En strates minérales pour mieux m’ensevelir.
Les lois, règles et chances m’ont bien trop concassé.

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décembre 29

Voraces

Force rage, chaos hurlant,
Mondes en miettes, étoiles brisées,
Meutes vociférantes, divisées,
Haines assassines, brasiers brûlants.

Gueules sanglantes et embrasées,
Vagues nauséeuses d’idées putrides
Servies en soupes insipides,
Livrées toutes prêtes à consommer.

Relents morbides d’histoires immondes
Vendus dans un papier clinquant;
L’ennemi c’est l’autre, le « différent »;
Fleuves de bile qui nous inondent.

Langues de vipères toutes drapées d’or,
Les voix honnêtes condamnées,
Veaux rutilants, vides encensés,
Visqueux étrons que l’Ère adore.

Fortunes bâties sur l’infamie
Distillant leurs effluves vicieuses,
Masquant leurs vies ignominieuses
Sous des atours de parodie.

Ainsi s’étiole l’Âme humaine,
Vautrée dans la fange du vulgaire;
Tout pour l’audience satisfaire,
Avilir, briser, mettre en chaînes.

Pour quelques milliards de plus
Piller le monde, le sacrifier;
Ne rien laisser, tout consumer;
Peuples de cendres, l’Avide vous tue!

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mai 11

Abaddon

Dans le désert de cendres où mes ombres m’entraînent
J’erre, le cœur en peine et l’âme calcinée;
J’erre entre les méandres, les rives consumées
D’un fleuve de lave bileuse où plongent de lourdes chaînes.

En cet horizon vide, aube grise, éternelle,
M’encerclant, dansent les spectres de mille autres existences.
Tour à tour, m’affligeant de leurs lourdes souffrances,
Ou me couvrant d’une brume à la froideur mortelle.

Mon Enfer, cette prison, cet abyme intérieur,
Ce gouffre dévorant chaque heure mon énergie,
Laissant suinter les miasmes qui me rongent la vie,
Toujours me fragilise en suçant mon horreur.

Dans l’air saturé de scories et d’ichor,
Sourdent les longues plaintes d’esprits en perdition.
Hurlements d’agonie, glaçant, brûlants tisons,
Jamais interrompus, pas même par la Mort.

Tout ici n’est que ruines, pourriture et noirceur;
C’est le noyau de l’Ombre, l’essence de l’attrition;
Un pays de tristesse se nommant dépression
Où tout tremble, dessèche, se fond en blême douleur.

Ces pâles tourments m’emportent, par cycles, dans leurs spires,
Sur une vague infernale remuant les Grands Fonds.
Noyé, mon cœur s’enlise, s’étiole ma raison,
A mesure que je sombre où l’espoir vient mourir.

Puis, revient l’étincelle, peu à peu, faiblement;
Un œil sent la lumière, surnageant, dans l’oubli.
Les eaux boueuses tarissent et commence le répit
Qui lentement me ramène hors des terres de tourments.

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août 28

Tourmente

Dans l’éternel voyage sur l’immense océan,
Se succèdent calme plat et vagues déchaînées.
Sur mon radeau, j’oscille, tantôt illuminé,
Ou plongeant vers l’abîme et son sombre néant.

Marins, navigateurs, indiquez-moi un havre;
Une zone de calme où les furies s’apaisent!
Tout mon être fatigue, tous ces fardeaux me pèsent;
Entre les eaux s’agitent tant de tristes épaves…

Les regrets, les douleurs, les histoires avortées,
L’épuisement, le rejet, tant de blessures sans nom;
Le sel des vents toxiques freine leur guérison
Et leur poids alourdir à chaque minute passée.

Au loin, j’espère un phare, une étoile de lumière,
Qui chasserait enfin la violence des tempêtes.
Mais à chaque heure filant, l’obscurité me guête.
Toucherais-je un jour aux limites de ces mers?

Je rêve de ces plages où glisse l’astre solaire,
Où le temps est clément et la Nature radieuse;
Tous ces pesants nuages chargés d’ombres odieuses
Me rongent, m’avilissent, m’écrasent sous leurs fers.

Ces îles merveilleuses dont mes songes sont peuplés,
Existent-elles vraiment ? Ne sont-elles que mirages ?
Suis-je à jamais perdu où les typhons enragent?
Verrais-je l’amaryllis sur un rivage ombré?

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août 6

L’oiselle

Oh, étoiles bénies, oracles d’Univers,
Connaissez-vous l’oiselle qui bien pourra m’aimer?
Distinguez-vous le fil de nos destins croisés?
Viendra-t-il cet instant où je saurai lui plaire?

De dérives en exils, de rumeurs en visions,
Trop longtemps j’ai guetté, trop longtemps j’ai cherché.
Tel l’or d’Eldorado, l’illusion s’est brisée,
Révélant sous son voile solitude et démons.

Mes yeux chargés d’écailles, prompts à la confusion,
Ne m’ont jamais guidé que vers histoires fantômes
Que mon cœur nourrissait avec le moindre atome;
Le pauvre est englué dans sa propre prison.

Des spectres nés de brumes peuplent ses fantaisies:
Mille ombres qu’il façonne pour mieux masquer l’absence;
Il tisse tant et plus ces toiles d’évanescence
Pour mieux tromper le vide, la tristesse et l’ennui.

Rendez-moi l’esprit clair, chassez cette folie!
Dissipez donc ce mal! Usez de la sagesse!
Rallumez un espoir dans cette âme qui se blesse;
J’en appelle à vos feux: illuminez ma nuit!

Ma vue n’est que brouillard sans vos brillants éclats;
Mon esprit va, baignant dans sa mélancolie.
Existe-t-il une elfe, héritière de vos vies,
Issue de vos lumières, descendue ici-bas?

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juillet 11

Belle endormie

Oh, belle à sa fenêtre, sur son œuvre assoupie,
Par un rais de lumière doucement esquissée,
Bercée par le soupir de son souffle léger
Danse une boucle libre sur son air endormi.

Par la fine embrasure de cette haute croisée,
Je pose mon regard sur votre doux sommeil;
Tel un petit oiseau, tous les sens en éveil,
Je demeure ébloui par cette calme beauté.

Je me vois reposant dans vos bras, alangui,
Puisant à la tendresse de mon cœur d’exilé;
Votre être délicat, paisible, abandonné,
Dans cette souple étreinte de deux âmes blotties.

Frôlant timidement sous mes lèvres votre cou,
J’apposerais d’une brise ma vie sur votre peau;
Lentement, j’inspirerais votre parfum, son eau,
Partageant mon essence, comme gage de moi à vous.

En cette sensible étreinte, je confierais mes larmes,
Mes souhaits, mes souvenirs, la flamme qui me meut;
Je vous donnerais tout, mon énergie, mes vœux,
Couvrant votre repos de protections et charmes.

Et vous, fée comme vous l’êtes, tisserez-vous pour moi
Un songe où notre amour viendra s’épanouir ?
S’il le faut, je suis prêt pour vous plaire à mourir;
Mon être à trop vécu; je ne m’appartiens pas.

Ainsi, j’ébauche encor, sur la trame d’une vision,
Un brin de paradis pour mon cœur esseulé;
Aurais-je une réponse? Devrais-je l’éveiller?
Délicate dormeuse, vous serais-je assez bon?

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juillet 5

Nova

Je suis fragments épars en univers multiples,
Doté de points d’ancrages, fidèles d’âmes et de cœurs.
Les liens qui nous unissent vibrant sous les humeurs
Génèrent tant d’échos qu’un pas devient périple.

Lorsque brûlent les accords sur ces cordes vivantes,
Sous vos touchers, je crisse comme roche sur la glace,
Ou bien, timidement, j’ouvre ma gangue de surface
Pour sentir la douceur de vos caresses aimantes.

Pris dans les résonances de mille émotions,
Mes éclats tonnent et dansent, s’agitent et se contractent;
Sous ces impacts intenses, mon essence se rétracte,
Perturbant l’équilibre de ma faible raison.

En ces grands champs de force, tel une étoile, mon être
Voit sa substance grandir presque à se déchirer.
Ses pièces se fendillent, toutes prêtes à se briser;
Alors il me faut fuir pour lentement me remettre.

La tendresse de mes Anges, leurs mots chargés d’amour
Sont les baumes qui apaisent ce maelstrom violent;
Dans leur lumière sacrée renaissent les sentiments
Qui me rendent cohésion, allègent mon esprit lourd.

Mes Archanges chéries, vous êtes mes voiles célestes;
Sans vous je ne suis rien qu’un météore errant.
Mon âme éparpillée dans les méandres du temps
Trouvant grâce à vos yeux, sait où mon cœur reste.

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juin 18

Secrets

Entends-tu ces silences dans l’ombre de mes vers?
Ces mots non exprimés par crainte de les briser.
Lentement, ils s’immiscent, en mouvements feutrés
Glissant parmi les failles de ce cœur de verre.

Tendres notes d’amour qu’aimerait chanter mon âme
A ton âme esseulée, pour la voir guérir
Et les fleurs du bonheur doucement refleurir,
Pansant toute blessure, en effaçant les drames.

Ces non dits, ces secrets, voudraient te voir sourire,
Partager ton contact, tenir tes belles mains,
Tendrement t’enlacer, rêver aux lendemains,
Où,paisibles,cote à cote, nous ne serions que rires.

Enivrés l’un de l’autre, grisé de nos parfums,
Nous danserions au rythme d’une merveilleuse passion,
Nous régalant les sens d’intenses émotions,
Nos langoureux ébats effleurant le divin.

C’est là ce que je tais par peur de choquer;
Je ne suis, après tout, rien de ce que tu espères;
Pâle poète, simple humain, torturé et trop fier
Pour te révéler l’essence de mes pensées.

Alors, j’invente des mondes, je tisse des histoires,
Pour cacher en leur sein mes silencieux mystères.
Mes acteurs ne sont que silhouettes éphémères,
S’agitant dans les brumes de leurs vies illusoires.

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mai 13

Lignes de vie

Lorsqu’en moi-même je plonge en trop longues apnées,
Parfois surgissent les brumes naissant des terres d’Oubli,
Lents et longs filaments vecteurs d’apathie
Venus pour se repaître d’une âme déjà rongée.

Une litanie sans fin, porteuse de tant de maux
Enfle, tourne, se dévide, m’emportant en ses flots;
Épave, je surnage, étouffant un sanglot,
Suffoquant sous la vague des ces tristes échos.

Dans le miroir dansant des fumerolles opaques,
Je revois se dresser de graves parois de verre,
Masques et pantomimes où mon esprit se perd;
Dépourvu de vos codes, mon être se détraque.

C’est alors près de vous que filent mes pensées,
Vous, les âmes chéries dont la douceur je puise,
Liens précieux, anges aimants lorsque le monde m’épuise,
Je le raccroche à vous ce cœurs naufragé.

Dans l’océan furieux de mes noirs abîmes,
C’est un phare lumineux, un ciel couvert d’étoiles,
Un geste, un mot, un songe me tirent hors des voiles
De ce sinistre lieu où la Douleur s’exprime.

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