mai 19

Séléné maudite

Quand la Lune opaline dans les cieux s’arrondit

Que sa lumière blafarde domine l’obscurité

Eclairant la campagne d’un voile éthéré

Mes sens exacerbés m’annoncent une longue nuit

Mes nerfs se contractent, me rendent électrique

Je deviens foudre, mon cœur battant comme tonnerre

Emplit de son fracas ma tête toute entière

Tout mon corps résonne sous ses coups frénétiques

Dans mon esprit s’emmêlent les songes oubliés

Les mondes imaginaires s’entrechoquent en vibrant

Se brisent comme cristal, dispersant leurs fragments

Emplissant ma cervelle de débris par milliers
Sous les assauts furieux de cette vague, dans l’air

Ma chair se délite au rythme des roulements

Mes os dansent la gigue, craquent sinistrement

Et mon sang s’évapore, brûlant dans l’atmosphère

Je ne suis plus qu’une onde, un sursaut démoniaque

Un ouragan humain, ardent, dégénéré

Un typhon d’énergie longtemps accumulée

Qui pourrait consumer l’Enfer d’une claque

Rien ne peut m’apaiser, tout acte devient torture

Je fuis mon écritoire, honnissant mes pages vides

Je maudis les humains, mes congénères avides

Je redeviens ermite, quand reviennent les murmures
L’inquiétant occupant de mon miroir obscur

Se manifeste alors, m’inondant de pensés

Me glissant des horreurs et des insanités

Pour mieux rire de moi, raviver mes blessures

Alors recommence une valse morbide

Où j’empoigne mes peurs, mes défauts avérés

Pour mieux les enfouir dans un noir mausolée

Le sinistre caveau de mon double putride.


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Ecrit 19 mai 2011 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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