décembre 28

Möbius

Vous souvient-il d’un soir lorsque, jeune âmes encor,
Devisant près d’un lac où fleurissent les ajoncs,
Je vous fis un aveu, l’œil brûlant de passion,
Révélant aux étoiles un songe en plein essor.

Un serment prononcé qui vous vit faire silence
Et plonger en vous-même pendant de longs instants.
Mon cœur impétueux manqua un battement
Suspendus à vos lèvres mille joie? mille tourments ?

La Lune en est témoin, jamais je ne dédis
Ce paroles que vous fûtes la seule à écouter.
Au cours de tous ces siècles, de toutes ces vies passées
Cette secrète promesse, jamais je ne rompis.

Tant d’heures s’écoulant passées à vous attendre,
A guetter votre approche, le bruissement de vos pas…
Nul billet, nulle missive, de l’éveil au trépas,
Les murmures même du vent ne purent rient m’apprendre.

Alors, un jour, à bout, de l’inaction lassé
Je cédais à l’ivresse, étreignant d’autres bras.
Une sirène, puis deux vinrent partager mes draps.
Perdu dans leurs regards, je vous ai oubliée.

J’ai repris ma parole, délié mon serment,
Recommencé à vivre, loin de votre fantôme.
Quelques belles attentions à mon cœur furent un baume.
Mon esprit s’allégea de cet antique tourment.

Pourtant, certaines nuits, lorsque coule la brume,
J’aperçois sur le banc près des eaux miroitantes
Le spectre de ce soir où mon âme naissante
Vous révéla le feu qui , encor, la consume.



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Ecrit 28 décembre 2018 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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