février 12

Horlaïs

J’ai souvent chaviré sous l’éclat d’un regard
Et abreuvé ma plume à l’encre de mon cœur;
D’un battement de cils vu s’envoler les heures
Lorsqu’une belle amie m’accordait quelque égard.

J’ai espéré ma vie peuplée de belles romances
Joué, compté fleurettes à quelques jolies fées;
Plus souvent qu’à mon tour me retrouvais blessé
Ayant vu s’effondrer de vaines espérances.

Au feu de mes souffrances, j’ai forgé mon armure
Et par des yeux amis identifié mes failles;
Parfois me suis nié, me suis livré bataille
Pour étouffer en moi jusqu’au moindre murmure.

J’ai voulu rejeter ma brûlante nature,
Devenir un rocher, silencieux, immobile,
Laisser glisser le monde et ses ombres futiles
Sur une peau minérale qui jamais ne fissure.

La roche n’a pas tenue, le pavois s’est brisé
A la première secousse d’une vive émotion.
J’ai volé en éclats, vu l’abîme profond
Où mon âme sombrait, distante, isolée.

J’entends encore parfois résonner en mon être
Les sinistres échos de la mélancolie.
Lorsque tombe sur moi un pesant voile d’ennui
De noirs essaims reviennent de mon mal se repaître.

Je m’enferme en moi-même, fuyant la société,
Ne voyant l’existence que comme un odieux bagne
Et ne me reste plus qu’une triste compagne
Consumant mon essence pour me mieux posséder.



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Ecrit 12 février 2019 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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