novembre 19

Pâle humeur

Toi le faiseur de songes, tisseur d’illusions,
Tes sens te leurrent encor, plient la réalité;
Ton cœur ébauche ses rêves sur des trames biaisées
Par les chimères étranges d’une trouble perception.

Tu captes des images glissant entre les voiles
De tant d’autres réels, si lointains et si proches;
Ton esprit défaillant à ces bribes s’accroche,
Les lie, les superpose en une trompeuse toile.

Et ta tendre nature, naïve, trop docile,
Y distingue les esquisses de ses secrets espoirs.
Et tu bâtis des chants, des contes illusoires
Jusqu’à l’instant tragique où la vie te décile.

Tes mots se muent en cendres, ton être se flétrit
Une nouvelle blessure vient ton âme abîmer
Et tu regagnes l’île aux rives désolées
Où veillent ta solitude et ton essence meurtrie.

Oh, faible démiurge, ta voie n’est pas ici!
Tu en appelle aux anges dans un cosmos sourd.
Quand donc comprendras-tu qu’en ce monde n’ont pas cours
Les valeurs, les vertus que ta conscience chérit ?

Tu es d’un autre temps, issu d’une autre sphère,
Égaré ici-bas par les choix du hasard.
Oncques ne vit un autre venu ici déchoir
Muni des mêmes tares ou brumeux caractère.



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Ecrit 19 novembre 2020 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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