avril 13

Atonie

Où sont les blancs navires sur l’Océan de brumes,
Leurs peuples merveilleux, colorés, chatoyants?
Mes visions s’évaporent, noyées dans le néant;
Tant de pages restées vierges que ce vide consume.

Mon esprit engourdi, comme pris dans une toile
Laisse les rêves s’étioler, rongés par le commun.
La plume ne danse plus, ses feux se sont éteints;
Vidés de leur substance, mes pauvres yeux se voilent.

Tant de chaînes, de contraintes, dévorent mon énergie;
Le Réel est si lourd, poisseux, abrutissant
Que mon être englué se perd, agonisant,
S’oubliant lentement, privé de sève, de vie.

Maelstrom permanent, le Temps brûle mon essence,
Étouffant l’Étincelle dans sa course immuable.
Les jours se succèdent, l’un à l’autre semblables,
La course de cette Horloge annihilant mes sens.

Je suis coquille creuse, automate pétrifié
Mouvant par habitudes cette pesante carcasse;
Égaré loin du Songe, ma volonté s’efface.
Quelle voie, quel chemin pour me régénérer ?


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Ecrit 13 avril 2021 par Damian dans la catégorie "Eclats d'âme

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